Les pièces subissent une première cuisson biscuit à 980 °, elles seront ensuite émaillées puis subiront une deuxième cuisson rapide, puis sorties du four à une température d’environ 1000°.

Au contact de l’air, l’émail en fusion se craquelle et se modifie.

Quelques secondes plus tard, l’enfumage des objets permet à ces craquelures de prendre leur forme unique et personnelle.

Toutes les parties non émaillées se noircissent également, la céramique parait alors venir des temps anciens…

Le choc thermique subit par le brusque changement de température donne un résultat toujours surprenant et, au bout de cette expérience se révèle alors une œuvre subtile et touchante, comme un cadeau que la terre a bien voulu nous offrir

Le Raku , "le bonheur dans le hasard". Le raku  est une technique Ancestrale coréenne, qui s'est développée ensuite au Japon. Il s’agit d’une cuisson rapide qui permettait au potier d’inviter ses amis, chacun cuisant son bol et l’inaugurait immédiatement pour la cérémonie traditionnelle du thé. Cette technique est importée en Occident dans les années 1910, par Bernard Leach . Vers les années 50, Paul Soldner et Hal Riegger, l'ont popularisé aux USA et fait évoluer hors des codes strictes de la tradition japonaise. Le raku déclenche un engouement des céramistes occidentaux  pour sa liberté d’expression et son caractère de pièce unique. Il y perd son coté spirituel et philosophique mais garde la magie de l'évolution  de chaque pièce lors du défournement.

Contrairement à une cuisson céramique classique qui comporte de lentes montées et descentes en température dans le four, une cuisson raku est courte. La pièce est rapidement montée  à la température de maturation de l'émail (en général de 900 à 1050°C en 1h30 environ) et sortie directement du four. Le choc thermique induit des rétractions différentes de l'émail et de la terre: des craquelures apparaissent dans la glaçure. La pièce, plongée dans un récipient contenant des matières organiques, y subit une post réduction. L'absence d'oxygène modifie les couleurs de l'émail, les oxydes métalliques s'irisent, le carbone dégagé par la combustion des matières organiques pénètre les craquelures de l'émail et  y dessine de subtils réseaux noirs.
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